Vous êtes en plein divorce et vous souhaitez garder le logement acheté à deux ? Il est possible de racheter la part de votre ex-conjoint, mais attention : ce n’est pas qu’une question de volonté, c’est aussi une question de financement et de dossier bien monté.
Le principe du rachat de soulte
Lors d’un divorce, si les deux conjoints sont propriétaires d’un bien en commun, il est possible que l’un souhaite conserver le logement. Dans ce cas, il devra verser à l’autre ce qu’on appelle une soulte.
La soulte représente la moitié (ou la part convenue) de la valeur nette du bien, une fois déduits les crédits encore en cours.
Exemple : vous possédez un bien estimé à 240 000 €, il reste 80 000 € à rembourser sur le crédit. La valeur nette est de 160 000 €. Si vous étiez en indivision à 50/50, la soulte à verser est de 80 000 €.
Comment financer cette soulte ?
Très souvent, la personne qui souhaite garder le logement n’a pas cette somme disponible. Il faudra donc contracter un nouveau prêt immobilier, destiné à :
- Racheter la part de l’ex-conjoint
- Éventuellement solder l’ancien prêt immobilier (ou le reprendre à son nom seul)
- Payer les frais de notaire liés au partage
Quelles solutions de crédit possibles ?
✅ Le prêt immobilier classique
Si votre situation financière est stable (CDI, revenus suffisants, taux d’endettement maîtrisé), vous pouvez faire une demande de prêt immobilier pour racheter la soulte. C’est la solution la plus fréquente.
✅ Le prêt relais « divorce »
Si le bien doit être revendu, mais que cela prend du temps, un prêt relais peut être une solution temporaire pour avancer les fonds et faciliter la séparation. Il est remboursé une fois la vente du bien conclue.
✅ Le rachat de crédit
Si vous avez déjà plusieurs prêts en cours (crédit auto, conso…), il peut être judicieux de regrouper vos crédits, y compris la soulte, en un seul prêt. Cela permet d’alléger les mensualités, même si cela rallonge la durée.
Conditions d’acceptation par les banques
La banque analysera votre nouveau profil seul, sans tenir compte du co-emprunteur d’origine. Voici les points clés :
- Revenus stables et capacité à assumer seul les mensualités
- Taux d’endettement inférieur à 35 %
- Une valeur de bien cohérente par rapport au montant demandé
- Apport personnel ou aides familiales, si besoin
Attention : certaines banques exigent que le jugement de divorce soit prononcé pour valider le dossier. D’autres peuvent intervenir dès l’ordonnance de non-conciliation.
Le rôle du notaire
Le notaire est indispensable dans cette opération. Il :
- Évalue officiellement la valeur du bien
- Calcule le montant exact de la soulte
- Rédige l’acte de partage
Ses frais sont à prévoir (environ 2,5 à 4 % du montant de la soulte). Ils peuvent être intégrés dans le prêt, selon les cas.
Pourquoi faire appel à un courtier ?
Un divorce est déjà une période délicate. Monter un dossier de rachat de soulte seul peut être complexe. Le courtier vous accompagne pour :
- Comparer les offres de prêt
- Optimiser la durée, le taux et l’assurance
- Présenter votre dossier sous son meilleur angle, même si votre situation est tendue
Il peut aussi vous aider à préparer une renégociation du prêt plus tard, si vous empruntez seul à un taux un peu plus élevé au départ.
En résumé
Racheter la part de son ex après un divorce, c’est possible. Mais cela demande un bon accompagnement, un financement adapté, et une vision claire de votre budget post-séparation. Ne prenez pas de décision dans l’urgence : consultez un notaire, faites une simulation, et si besoin, contactez un courtier pour vous aider à défendre votre projet.


